mercredi 21 septembre 2016

Oscar Peterson Plays Gershwin

Peterson a enregistré toute une série d’albums dédiés aux répertoires de grands compositeurs de chansons de jazz (Cole Porter, Harold Arlen, Richard Rodgers, Irving Berlin, Jerome Kern, mais aussi Duke Ellington et Georges Gershwin donc...).
Il existe deux versions de ce répertoire Gershwin. L’un en trio avec batterie, et l’autre sans batterie avec guitare. C’est ce disque qui nous intéresse aujourd’hui.

Voici quelques relevés des solos d’Oscar sur quelques morceaux de ce disque mémorable, enregistré fin 52. C’est Barney Kessel à la guitare, qui jouera quelques années avec Peterson avant de se faire virer céder sa place à Herb Ellis. 

J’adore cette période de Peterson, les morceaux sont courts, frais, simples; les solos de piano sont précis et lisibles (ce qui ne veut pas dire facile à jouer...), Ray Brown fait incroyablement sonner les grilles harmoniques, et ça swingue comme jamais... A écouter sans modération...


La playlist des morceaux ci-dessous :






Les relevés :









lundi 6 juin 2016

Phineas Newborn - Daahoud, Cabu, Theme For Basie


Encore quelques morceaux de Phineas newborn aujourd’hui, dont deux sont issus du disque « A world of piano  », réputé comme l’un des meilleurs disques de ce pianiste : Daahoud et Cabu, où l’on peut apprécier toute la virtuosité de Newborn, mais aussi sa science du placement, et la qualité de la construction de ses phrases.

J’ai rajouté à la fin de la partition de Daahoud quelques extraits du solo qui me semblait pertinents :






Cabu est un bon exemple de la technique difficile des block-chords :







Et enfin, issu du disque « The Great Jazz Piano of Phineas Newborn Jr. », une version de son thème en hommage à Basie.
J’ai également ajouté quelques phrases de son solo à la fin :




On peut passer beaucoup de temps à travailler le langage de Phineas Newborn, c’est un challenge pour le pianiste autant technique que stylistique. J’espère vous avoir donner envie d’écouter ou ré-écouter tous ces magnifiques albums, pépites historiques de l’aventure du piano jazz.

lundi 30 mai 2016

Up There - Ray Brown, Phineas Newborn, Mulgrew Miller


NB: Contrairement à ce que laisse paraître mes partitions, le morceau est bien de Ray Brown, et non de Phineas.

J’avais déjà fait, il y a quelques années, un article sur ce morceau ici.

Aujourd’hui, je reviens dessus avec les relevés des solos des versions de Mulgrew Miller et Phineas Newborn.
Je vous remets la version du trio de Ray Brown, pour la régalade :









La version avec Phineas est sur un disque somptueux de Teddy Edwards, Together Again !!!! :





Sur le pont du morceau, Phineas joue DbMaj7, alors que Keezer joue plutôt Db7, comme Mulgrew d’ailleurs.
Remarquez aussi que l’intro de Phineas correspond à la coda de la version de Ray Brown de 2001. Encore une preuve de la filiation que l’on peut voir entre les musiciens de jazz. J’ai moi-même découvert en premier la version de Ray Brown, puis je suis allé chercher d’autres versions, dont l’original. C’est ce travail d’écoute qui permet de se faire une idée précise d’un morceau, d’observer ses évolutions au travers de différentes interprétations, et ainsi de se faire une idée plus précise de ce langage.






Pour finir, le solo de Mulgrew. Tiens, à propos, sur ce disque, on retrouve également Geoff Keezer, et encore la même phrase d'intro...
On voit bien le côté beaucoup plus « moderne » chez Mulgrew dans son approche de l’harmonie, beaucoup plus dans les super-structures :





Dans la série Phineas newborn, j’ai encore quelques relevés à vous partager...une prochaine fois !
Bon travail !


jeudi 28 avril 2016

Roy Haynes trio - We Three (Phineas Newborn, Paul Chambers)


Aujourd’hui, je partage quelques morceaux de ce fabuleux disque We Three de 1958. Beaucoup de raisons me font aimer ce disque.
Premièrement, c’est un disque de Roy Haynes en trio piano-basse-batterie, et je me suis rendu compte que mes disques préférés en trio sont souvent avec lui à la batterie (Now he sings, Now he sobsReachin Fourth, Wanton Spirit, ...).
Ensuite, il y a le grand Phineas Newborn au piano, ses idées fulgurantes, sa virtuosité et son magnifique toucher.
Et puis il y a deux compositions sur ce disque d’un autre grand pianiste que j'adore, Ray Bryant.

Ca fait pas mal de raisons de se procurer le disque pour ceux qui ne l’aurait pas déjà (ce qui, concernant les nombreux potentiels lecteurs de ce blog, m’étonnerait quand même beaucoup).


Concernant Reflection, il existe également une version d’Art Blakey (sans compter celles ultérieures de Ray Bryant), enregistré quelques jours avant celle-ci, Bryant et Phineas se connaissant bien.
On reconnait certaines harmonies chères à Bryant. Le solo de Phineas est un petit résumé de son style   : phrases blues; utilisation des octaves à l’intérieur des phrases; parallélisme aux deux mains; dédoublement du tempo. Il y manque juste les block-chords.







Sneakin’ Around est une autre composition de Ray Bryant. J’ai une version sur le disque avec Betty Carter (1955).
Remarquez l’intro de Roy haynes et l’illusion rythmique qu’il crée en accentuant la deuxième croche du temps.
Ecoutez également l’absolue détente des trois musiciens durant le solo de piano. On ne le dira jamais assez, ça swingue grave.







Et pour finir, voici un relevé d’une composition de Phineas assez connue des amateurs, mais jamais peu jouée. Pour le coup, on retrouve ici les block-chords qui font également le charme du jeu de Newborn.
Encore une fois, remarquez les accents de Roy sur la 2ème croche du triolet à partir de la 9ème mesure, une caractéristique des musiques africaines. Et d’une façon générale écoutez le jeu de caisse claire, c’est d’une intelligence et d’un goût incroyable.
Evidemment, je ne parle même pas du solo de piano, qui est un condensé de toute l’histoire du jazz, ça déchire c’est très beau.






On se régale tellement avec cette musique, qu’il est possible que je reparle de Phineas Newborn très prochainement. En attendant, bonne écoute et bon travail !

vendredi 22 avril 2016

Ray Brown trio - Tanga

Puisqu’on parlait de Don’t Get Sassy ici, voici le relevé d’un autre morceau de cet album incroyable.
Ca va très vite, et c’est intéressant de voir les automatismes de Benny Green dans son solo. Ce sont des phrases types (issues du langage de Peterson entre autre, mais aussi de Phineas Newborn, et d'autres pianistes fabuleux dont on ne parle jamais).
Il est très difficile de jouer ce solo avec le disque, vu le tempo, mais c’est un bon exercice de le travailler en parallélisme par exemple (ce que fait Benny Green d’ailleurs à la fin de son solo...), et d’isoler des phrases pour les transposer dans diverses tonalités.
Et comme d’habitude chez Ray Brown, remarquez les contrastes de dynamique dans l’intro et l’exposé du thème.
Je ne parle même pas du jeu de balais d’Hamilton, ni des lignes de basse, et pourtant il y aurait de quoi refaire le monde plusieurs fois avant d’avoir fait le tour de cet album...